Anticiper ou Périr – Les Clés pour Survivre dans un Monde Digital en Mutation
INTERVIEW DE CHEDJOU KAMDEM

Dans un paysage numérique en constante évolution, le rôle du Community Manager ne se
limite plus à la simple animation des réseaux sociaux. Selon Chedjou Kamdem, Éducateur aux réseaux sociaux et expert en stratégie digitale,l’anticipation est désormais la clé
de survie. Entre algorithmes changeants, attentes croissantes des audiences et crises
potentielles, comment les professionnels de la communication peuvent-ils rester pertinents ?
Décryptage des enjeux et des solutions pour transformer les défis en opportunités.
Chaque année vous réalisez une étude sur l’activité de Community Management au
Cameroun, vous en êtes à la quantième édition ?
Nous en sommes à la 10 ème édition de cette étude. Depuis le début, l’objectif est de suivre
l’évolution du métier de Community Manager au Cameroun, d’identifier les tendances, les
défis et les opportunités, afin d’apporter des données utiles aussi bien aux professionnels
qu’aux entreprises et aux centres de formation.
En 2025, quelle est la marge de progression de ce métier ?
La marge de progression est très importante. En 2025, de plus en plus d’entreprises, et surtout
les PME, comprennent que la présence sur les réseaux sociaux ne suffit plus : il faut une
stratégie, de la création de valeur et de la mesure de performance. Le métier évolue donc vers
plus de professionnalisation, avec des besoins en analyse de données, en stratégie de contenu,
en publicité digitale et en gestion de crise. Ce dernier aspect est très important car dans la
définition même du métier, le Community Manager est garant de la e-réputation.
Avez-vous l’impression que le métier est bien perçu par l’écosystème : formation, usages,
rémunération ?
Le métier de Community Manager est de mieux en mieux perçu au sein de l’écosystème, mais
cette perception reste encore incomplète. En matière de formation, l’offre s’est développée
ces dernières années, même si la qualité et la profondeur des programmes varient fortement.
Dans les usages, certaines entreprises reconnaissent aujourd’hui le rôle stratégique du
Community Manager, tandis que d’autres continuent de le réduire à une simple fonction de
publication sur les réseaux sociaux. Concernant la rémunération, elle évolue progressivement,
mais demeure souvent en décalage avec les compétences requises et les responsabilités
assumées. Globalement, le métier a encore besoin d’être mieux structuré et valorisé pour être
pleinement reconnu.

Quel peut être l’apport du Community Manager dans la gestion de la réputation des
organisations et des individus à l’ère de l’IA ?
À l’ère de l’intelligence artificielle, le Community Manager occupe une place centrale dans la
gestion de la réputation des organisations et des individus. Il assure une veille constante de
l’opinion en ligne et anticipe les situations sensibles avant qu’elles ne deviennent des crises.
Là où l’IA automatise certaines tâches, le Community Manager apporte l’analyse humaine, la
compréhension du contexte et la gestion des émotions. Il veille à la cohérence du discours, à
l’authenticité des échanges et à la qualité de la relation avec les communautés. Son rôle est
donc essentiel pour humaniser la communication dans un environnement numérique de plus
en plus automatisé.
Comment entrevoyez-vous la fonction de Community Manager en 2026 ?
En 2026, la fonction de Community Manager sera davantage orientée vers la stratégie que
vers l’exécution. Le professionnel du community management travaillera plus étroitement
avec les équipes de communication, de marketing et de direction. Il s’appuiera sur
l’intelligence artificielle pour optimiser la production et l’analyse, tout en se concentrant sur
la création de valeur, l’engagement des communautés et la gestion de la réputation. Le métier
évoluera vers un rôle plus décisionnel, réservé à des profils polyvalents, formés en continu et
capables d’adapter leur expertise aux évolutions du digital.
